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24 mars 2016

Du neuf chez B. H. RONGIER

Vient de paraître:


(Pour une meilleure lecture merci de cliquer sur l'image pour l'agrandir)
 
 
EXTRAIT
 
2
"Vous pensiez peut-être qu'il ne tuait plus ?"
 
Entre le PROMENEUR. Il s’approche du rectangle, dépasse légèrement la ligne blanche, s’arrête. Il regarde alentour. Un temps.
Entre le PROPRIÉTAIRE, armé d’un fusil.
PROPRIÉTAIRE :   Où vous croyez-vous ?
PROMENEUR :       Pardon ?
PROPRIÉTAIRE :   Ne vous gênez pas.
PROMENEUR :       Je ne comprends pas.
PROPRIÉTAIRE :   Votre pied, là.
PROMENEUR :       Quel pied ?
PROPRIÉTAIRE :   Votre pied gauche.
PROMENEUR :       Qu’est-ce qu’il a ?
PROPRIÉTAIRE :   Il empiète.
PROMENEUR :       Il empiète ? Sur quoi ?
PROPRIÉTAIRE :   Ne faites pas l’imbécile. Vous savez ce que veut dire empiéter. Enlevez ce pied immédiatement. (LE PROMENEUR hésite un instant, puis recule d’un pas.) Dire qu’on en est encore à se demander comment naissent les guerres. Quelle naïveté ridicule. L’origine des guerres, on en a des exemples tous les jours, à longueur de journée.
PROMENEUR :       Quelles guerres ?
PROPRIÉTAIRE :   Les pugilats, les rixes, les conflits en tous genres. Ce sont les gens comme vous qui en sont responsables. Les empiéteurs. Il n’est pas midi et vous êtes déjà le deuxième empiéteur de la journée. Ça promet.
 
 


18 août 2014

غدير السلوان / Le ruisseau de l’oubli

الشاعر:
Driss Aouidi   إدريس عويدي
 

 
عاقرةٌ سحابةُ غشت

لا تنجب حياة

حين مرت فوق منزلي أخذت مني أمي

ولم ترحم.

ربيع مارس حربائي المكر.

حين أطل على حديقتي سرق مني أبي

ولم يخجل.

كرهت حر الصيف

كرهت ألوان الربيع

لربما في أنين الخريف عزاءٌ

وفي بكاء الشتاء أمل.

لذا شيدت في أعماقي حصنا من حكمة أيوب

وغديرا من رحيق المحبوب

وأوراقا من شجر الأرز.


Le ruisseau de l’oubli

Stérile,

ce nuage du mois d’août.

Il ne donne pas la vie.

Lorsqu’il survola ma demeure

Il enleva ma mère,

sans pitié.

Dans ses sournoiseries le printemps de mars est un caméléon,

lorsqu’il fit un détour sur mon jardin

Il enleva mon père,

sans scrupule.

J’ai détesté alors la chaleur de l’été,

les couleurs du printemps.

Peut-être trouverai-je dans les gémissements de l’automne une consolation

Et dans les larmes de l’hiver un espoir.

C’est pourquoi, dans mes très-fonds, m’inspirant de la sagesse de Job

J’ai bâti une citadelle

un ruisseau dont la source est le nectar de l’aimée

et quelques-feuilles de cèdres.

 

27 avr. 2014

Educ... action


Il n’y a pas vraiment d’enfants auxquels on doive s’adresser précisément. Il y a de futures grandes personnes, et puis aussi d’anciens enfants. Jamais, dans la vie courante, je ne prends le ton enfantin pour parler à un enfant ; je ne l’imagine pas si niais qu’il me faille niaiser pour m’en faire entendre. Quand j’étais petit, et qu’on usait avec moi de cette mauvaise façon, cela me vexait beaucoup, et je pensais, sans bien sûr oser l’exprimer : « Voici un Monsieur bien bête qui éprouve le besoin de s’accroupir pour faire semblant d’être à ma taille ».

Maurice DRUON, dans l’introduction de « TISTOU, Les Pouces Verts »

31 déc. 2013

النوارس المتعَبة

للشاعر:
إدريس عويدي
 
 
وأنا أمشي

على

شاطئ مهجور

أمشي

والغسق قد تجرع الأفق

والبحر قد ابتلع الموج

والنوارس متعبة

حناجر شربت تغاريدها

أجنحة ملفوفة على أجنحتها
 
مخافة أن

20 déc. 2013

النورسُ المُهاجِر


هو أخٌ لي لم تلِدْه أمّي. غادرتُه طوعاً ومُكرَهاً كما غادرتُ أحبة لي كثيرين من بينهم أمي. حدث ذلك منذ ما يقارب الثلاثين سنة. فرّقتْ بيننا الجغرافيا ولكن التاريخ ظل يجمعنا رغم أنفنا. نحن معا نورسان مهاجران. وهل يملك النورس شيئا غير الهجرة؟ عانقنا أحلاماً عاتية كادت تهدمنا ونحن في ريعان الشباب. كنا صادقين في "الفعل" في غابة من الخونة... وكم كان صديقي صادقاً! وأنا أيضا.
التقيتُه مؤخرا بفضل/بسبب الموت الكريه. ولما رأيتُه رأيتُني فيه. التقيتُ نصفي الثاني الذي طالما شدني الحنين إليه. هو وحده يعلم ذلك.
عهدتُه شغوفا بالمواد العلمية التي يُدَرِّسها، ولكن أيضاً بالشعر والنثر الجميل. كنت أعتقد أنَّ الشعر فيه أفل، ولكنه بعد اللقيا داهمني بهذا النص الذي يحيل إلى مرحلة ما من حياتنا معاً.

يحلو لي أن أتشاطره مع قراء هذه المدونة.


إدريس عويدي

النورسُ المُهاجِر

أخِي أحْمد

عَنيدٌ أنتَ كالإيمان

وديعٌ أنتَ كالكُفر.

عِربيدٌ أنتَ كالخَمْر

هلْ تتذكَّر؟

على الطّريق

بين

3 févr. 2013

L’épopée de la mer et de la terre


الشاعر محمد مشكار


ظننتُ الشاعر فيه قد اختفى إلى الأبد وترك المكان للباحث في السوسيولوجيا والعلوم الاجتماعية.
التقيت الشاعر فيه عن طريق الصدفة على قارعة رصيف هذه القصيدة التي بعد أن أتممتُ قراءتها سألته (وفي نفسي شيء من حتّى): "لِمَن هذا النص الجميل؟". بادرني بابتسامته المعهودة وهي تتسلل باحتشام وتواضع عبر شاربيه الأبدييْن و... وقاطعتُه: "لا تقل لي إنها لك!"... حرك رأسه أنْ نَعَم. علّقت باستغراب: "ظننت الشاعر فيك مات!". قال ونفس الابتسامة لا تفارقه: "الشعر لا يموت يا صديقي "
انتشلتُ منه النص لأقدمه لقراء هذه المدونة من قبيل المشاطرة والتقاسُم، على أنني اقترفت في حقه ترجمة "من صنيعي" لا أعتبرها نهائية (كما هو شأن كل ترجمة) وهاكُم النص وتليه الترجمة المقترحة:


مَلْحمةُ البحْرِ والبَرّ

الدَّمُ عارٍ إلاّ من دَمارِ القَلْب

وشُحوبِ المُحَيّا

الشُّقّة يسْكُنها رأسٌ مَهوُوس

قابِعٌ في عُمقِ المَغارَة

أَثْقلَتْهُ هُموم المُحيطِ الأطْلَسيّ

لِلحيِّ ساكِنةٌ غَريبةُ الجِنْس

طاعِنةٌ في السِّنّ والزّمَن

للْحَيِّ هُويةٌ لا تَستَسْلمُ للْقَلق

تَكْشِف عنْ ولَعٍ جميلٍ بالأُفُق

متَى يخْضَرُّ الدّمُ

وتَنْسابُ في عُروقي

مَلْحمَةُ البَحرِ والبَرّ؟

Mohammed Mechkar :

L’épopée de la mer et de la terre

Le sang est tout nu sauf des ruines du cœur

Et de la pâleur du visage

L’appartement est habité par une tête tourmentée

Recroquevillée au fond de la taverne

Les peines de l’océan l’ont alourdie.

Le quartier a une population étrange du genre

Ancrée dans l’âge et dans le temps…

Le quartier a une identité qui ne cède pas à l’angoisse

Elle révèle une passion pour l’horizon

Quand le sang verdira-t-il

Et coulera-t-elle dans mes veines 

L’épopée de la mer et de la terre ?

 

6 mai 2012

L’élégance des naufragés / Théâtre


BERNARD H. RONGIER

Break a vase, and the love that reassembles the
fragments is stronger than that love which took its
symmetry for granted when it was whole.
Derek Walcott, The Nobel lecture

Il y a un homme (H) et une femme (F). La quarantaine, probablement. Peut-être moins.
Il y a un lieu inhabitable, et cependant habité. Propre et ordonné, autant
qu’il est possible.
Le reste – tout le reste – est laissé à l’appréciation du lecteur ou du metteur en scène.

1
F. Hétéroclite, c’est marqué.
H. Sans blague.
F. Regarde, là.
H. Je vois.
F. Je l’ai souligné.
H. T’as bien fait. Depuis quand tu lis le journal ?
F. Juste un petit peu.
H. Je savais pas que tu lisais le journal.
F. Juste un peu. Tu les trouves où ?
H. Un peu partout. Les gens les jettent le lendemain.
F. Mais pas ceux-là ?
H. Pas ceux-là, non, pas les magazines.
F. Ils les gardent plus longtemps.
H. Y’a aussi un type qui m’en donne. Un garagiste. Ce magazine, c’est lui qui me l’a donné.
F. Je le connais pas.
H. Tu peux pas le connaître, il a son garage sur le chemin de la déchèterie. On est jamais allé de ce côté.
F. Y cherche pas quelqu’un ?
H. Quelqu’un ?
F. Pour travailler avec lui.
H. Je crois pas. Il me l’aurait dit.
F. C’est quoi, hétéroclite ?
H. Hétéroclite, c’est – comme ici, par exemple.
F. Ici ?
H. Toutes ces choses qui vont pas ensemble.
F. Quelles choses ?
H. Tout ça. Le canapé, les chaises. Le poisson rouge.
F. Ça va pas ensemble ?
H. Pas vraiment.
F. Moi je pense que ça va ensemble. C’est des choses qu’on trouve chez tout le monde.
H. Pas comme ça.
F. Comment alors ?
H. Les chaises par exemple.
F. Quoi les chaises ?
H. Chez les gens, elles sont toutes pareilles.
F. Elles ont pas besoin d’être pareilles.
H. Non mais les gens, ils aiment mieux quand elles sont pareilles.
F. Le poisson rouge, il va pas avec le canapé ?
H. Le poisson je sais pas, mais les choses non. Je veux dire : chez les
gens, ça va mieux ensemble. Le calendrier, par exemple.
F. Y va pas avec quoi ?
H. Chez les gens, c’est pas le calendrier de l’année dernière.
F. Parce qu’il est de l’année dernière, ça l’empêche d’aller avec le canapé ?
H. Ça l’empêche d’aller avec maintenant.
F. Comment ça ?
H. Je sais pas moi. C’est comme si on vivait pas maintenant.
F. Mais on vit maintenant.
H. Oui.
F. On vit maintenant.
H. Chez les gens, c’est pas pareil.
F. Le calendrier, c’est moi qui l’ai trouvé.
H. Oui.
F. C’est quelqu’un qui l’avait jeté, je sais pas pourquoi.
H. Parce qu’on avait changé d’année.
F. C’est pas une raison.
H. C’est la meilleure raison. Quand on change d’année, on change de calendrier.
F. La photo, c’est quoi déjà ?
H. Le pont d’Avignon.
F. Le pont d’Avignon, il a pas changé ?
H. Changé ?
F. Depuis l’année dernière.
H. Je crois pas.
F. Alors on devrait pas le jeter.
H. C’est un point de vue. Au fond t’as peut-être raison.
F. T’avais dit qu’on irait le voir.
H. Je le dis toujours.
F. Quand on ira ?
H. Quand j’aurai du travail. Dès que j’aurai du travail. Avec mon premier salaire, à la fin du mois.
F. Il s’arrête au milieu de la rivière.
H. Du fleuve.
F. On peut pas le traverser.
H. Non.
F. Pourquoi y’a des ponts qu’on peut pas traverser ?
H. Je sais pas. C’est juste celui-là.
F. Pourquoi lui on peut pas le traverser ?
H. Je sais pas.
F. L’histoire, tu me l’as racontée.
H. Oui. Mais maintenant je l’ai oubliée.
F. On peut aller dessus. On peut marcher jusqu’au milieu.
H. Oui.
F. On ira ?
H. On ira. On marchera jusqu’au milieu.
F. Et nous, on est hétéroclites ?
H. Nous ?
F. Toi et moi.
H. Bien sûr que non.
F. Si on était hétéroclites tu le dirais.
H. Bien sûr je le dirais.
F. Pourquoi on a pas d’enfants ?
Il tient sa tête dans ses mains.

22 janv. 2012

Le faucon

من ديوانه: الجبل ليس عقلانيا


(Texte du poète marocain Mohammed ESSABER, traduit par M. ABBA)

Ici, depuis sa naissance, un faucon soigne ses souffrances à l’aide de bouts de ténèbres, colmate leurs brèches avec de la térébenthine gluante. Un faucon doué en matière de pleurs et de recherche de larmes salées, faisant tout cela avec son vieux bec, éprouvant avidité pour la soif, soif pour l’avidité. Ni les cavernes qui, sanglotant, invoquent l’Histoire, ne le rassasient, ni les chroniques flétries à force de l’âge. A l’aide de son imagination il remplit les fissures des mûrs des désastres que subirent les bergers pendant l’hiver précédent. Son temps est vanité, mais il lui est une douleur qu’il étouffe dans le café, lequel est sa seule voix. Il lui est un sanglot qui ressemble presque à l’odeur du pain ; un sanglot luisant telle l’eau qui trempe les filets des pêcheurs. Il est éternellement perdu entre garder le silence ou adopter des rites, autres que les rites maculées. Tout comme les arbres il lui est, éternellement, des croyances nombreuses, des croyances élancées, semblables aux palmiers. « Rafistole-moi, ô Tisserand des univers! ». Ainsi ses ailes battent-elles quand il se pose, la nuit, sur une pierre isolée, psalmodiant, en solitaire, tel un poète. Il lui est des lois qui terrifient les hiboux qui poussent leurs ululements dans les prairies, appelant la nuit au rassemblement. Il aime l’allure de l’albatros, l’allure qui ressemble le plus à un muwashshah, poème ornée, entre les couvertures d’un livre ancien. Eveillé, depuis son premier cri il n’a connu le sommeil. Ses larmes sont tellement abondantes qu’il renonce à pleurer. On dit qu’il s’isola durant de longues années, observant la nature des tristesses et, une fois les entrailles de celles-ci taries, il se transformait en un rai de lumière qui dispersait l’odeur du bois en début de journée.

3 mai 2010

Oraison funèbre sur le mode binaire

*


Il était lâche comme un homme, prêt à mourir pour une virgule. Esclave mi-consentant de la Raison, n’ignorant cependant aucune des incohérences de ce qui vit, aucune des contradictions de ce qui respire, aucun des revirements de ce qui dure, aucune des métamorphoses de ce qui bouge. Sincère jusqu’à l’infirmité, apologiste inspiré des beaux mensonges. Féroce de trop de blessures reçues, et tendre à la dérobée, d’une tendresse presque constamment inaperçue. Capable, indifféremment, de faire sur le ton de l’excès l’éloge de la modération, sur le ton de la modération l’éloge de l’excès. Ayant reçu grande part d’amour et grande part d’incompréhension. Mélancolique ébloui, tantôt ardent à se consumer, tantôt jeté aux lisières de l’aboulie. Désenchanté chronique toujours dans l’attente fiévreuse du lendemain. Entêté comme un escargot, et devant l’obstacle de nature à se dégonfler comme un cheval velléitaire. Hissant à la face du monde l’étendard de l’indépendance et à ceux qu’il aimait d’inoxydable amour enchaîné, pieds et poings. Résistant de la première heure, rebelle, réfractaire, puis un beau matin adhérant par colossal effort et en retirant colossale satisfaction. Sachant dire non mieux que personne, et tout à trac émerveillé d’avoir dit oui. Enclin à chanter sur tous les tons les vertus de l’ataraxie romaine, mais, imprécateur résigné, condamné à l’indignation perpétuelle. Rivé à la glèbe, pataugeant dans la boue, mais secret adorateur de nuages, ne voulant croire à aucun salut en dehors de l’imaginaire. Imposteur comme un intellectuel, irrécupérable d’intégrité. Observateur souvent distrait des choses humaines, trop clairvoyant pour ne pas sentir à chaque instant le couteau vrillé dans la plaie.

Vous qui l’avez connu, à votre façon vous l’avez aimé. Il l’a su – un peu.

*

5 mars 2010

وصية لكل الناس

*

*

نص للصديق الشاعر توفيقي بلعيد

*

(إلى كل الضحايا المحتملين)

*

*

لديَّ، كحبات الرمل، أفكارٌ

وكموج البحرِ الصاخب، رغباتٌ عِدة

أكره الإقصاء

وأنْ يدَّعيَني، لحسابه الخاص، حياًّ أو ميِّتاً، أحدٌ

لزوجتي نصفُ الميراث

للإناث، كالذكور، عودٌ كامل من أسمائي

وأشيائي البسيطة

للأصدقاء الكلماتُ الجميلة

وما زرعنا في تربة الذكريات من ورد

أما أنتِ يا أمي

فمن يقدر أن يوصيك بالصبر

إذا ما يوماً، عن عشِّ حضنكِ، ارتحلتُ؟

ضعوا والدتي في قلب العزاء

على يمينها أم أطفالي والأخوات

وعلى يساري نسائي السابقات

وما تبقَّى، في هذا العصر، من أسراب العُشّاق

ليس لي، بين المبدعين، أعداءٌ

فلا تدقوا، في النعش، مسمار الحقد

لا تجروا، كالكلاب، أطراف الجثة

افتحوا الباب للأرامل

لليتامى

لكل من يرثي ضحاياه فيَّ

توحدنا الخسائر...

سأخاصر أول امرأة تكون قرب ضريحي

سأدخل الموت كأول العشاق

سأوزع، بدل الدموع، الحلوى على الأطفال

وأعيد نشر مناديل الأريج فوق حقول الريح والأطلال

رجاءً، لا تؤبنَّنني الجهات التي، طويلا، حاصرتني...

*

*

من ديوان الشاعر "منعطفات سائبة"

*

أنظر ترجمة هذا النص في الورقة التالية

4 mars 2010

Un testament destiné à tous

(A toutes les éventuelles victimes)


*


*



Miennes sont des idées semblables aux grains de sable


Mienne est une multitude d’envies, semblables aux vagues houleuses de la mer


J’abhorre l’exclusion,


De même que la présomption de quiconque me considère, mort ou vivant, comme étant de son propre camp



A mon épouse va la moitié de l’héritage


Aux filles comme aux garçons vont une part entière de mes noms


et de mes maigres biens


Aux amis les mots splendides


et ce que nous avons semé comme fleurs dans l’humus des souvenirs.



Quant à toi, Mère !


Qui oserait t’enjoindre d’être patiente


Si, un jour, loin de mon nid, ton giron, je devrais partir ?




Mettez donc ma mère au cœur des condoléances


La mère de mes enfants et mes sœurs étant à sa droite


A ma gauche mes femmes précédentes


Et les rescapés parmi les essaims de soupirants de l'époque




Je n’ai aucun adversaire parmi les esprits créatifs


Alors n’enfoncez pas dans mon cercueil le clou de la haine


Ne traînez pas, tels des chiens, les débris de ma dépouille


Ouvrez plutôt la porte aux veuves


Aux orphelins


A quiconque déplore ses morts en mon exemple.


Nous unissent les défaites...





Par la taille je prendrai la première femme qui s'approcherait de ma tome


J’entrerai dans le trépas comme le premier des soupirants


Aux enfants, au lieu des larmes, je distribuerai des délices


Et, encore une fois, j’étendrai les foulards parfumés sur les champs du vent


Et sur les ruines.




Alors pitié ! Que ne pleurent pas ma mort ceux qui me traquaient.


*


*