Moi
le revenant
I
Moi, Idriss Massrour le revenant, je
suis libre. Enfin libre !
Mon quartier natal, ma
ville où j’erre semblable à un étranger et toute la vastitude de ce monde
m’accueillent, morcelé, rapiécé.
Lumière. Turbulence. Foule.
Je suis ébahi comme si, depuis des
cieux lointains, une puissance invisible m’avait largué sans parachute dans cet
univers qui ne cesse de s’agiter. Les rayons du soleil dont j’ai tant rêvé, des
jours, auparavant se faufilent entre les poils grisonnants de ma barbe hirsute
et embrasent mon visage éteint et fané. Je presse le pas, je cours comme si je
fuyais tout ce passé omniprésent, harcelant. Il m’arrive d’avoir envie de
parcourir à la fois, instantanément, tous les boulevards, toutes les rues de Casablanca.
Mais ce corps où